Home | FR | EN | ES
09/09/2010



L'Histoire en bref

1. Premiers pas
2. Coups durs
3. La guerre froide
4. Mondialisation
5. Franchir des frontières
6. Rénovation du syndicalisme mondial
7. Le 25ème Congrès en Roumanie, Bucarest (2001)
8. Aujourd'hui


Premiers pas

C'est en 1920 qu'a été fondée, à La Haye (Pays-Bas), l'organisation syndicale internationale, connue actuellement comme Confédération Mondiale du Travail - CMT. Née dans le berceau européen et inspirée par les valeurs fondamentales de l'humanisme chrétien, cette organisation a été créée sous l’appellation de "Confédération Internationale des Syndicats Chrétiens". Comme le stipulaient les premiers statuts, la nouvelle organisation syndicale internationale voulait défendre, d'une manière indépendante et autonome, non seulement les intérêts concrets des travailleurs, mais également des valeurs comme la dignité de la personne humaine, la priorité du travail, la démocratie, la justice et la solidarité au delà des frontières nationales. Le Néerlandais Pieter Jozef Serrarens en fut le premier Secrétaire général et le Suisse Joseph Scherrer le premier Président.


Coups durs

Un des premiers défis que la jeune internationale eut à rencontrer fut la montée du fascisme et du nazisme, qui accompagnait la grande crise économique de la fin des années vingt et du début des années trente. Elle devait payer son opposition à l'idéologie totalitaire de droite de l'arrestation et de la déportation vers les camps de concentration de ses responsables allemands et d'interdiction par Musolini, de son affiliée italienne. En peu de temps, elle perdit ses organisations affiliées en Autriche, en Allemagne et en Italie. Pendant la guerre, la Gestapo détruisit son secrétariat à Utrecht (Pays-Bas) et poursuivit ses responsables politiques.


La guerre froide

Les accords de Yalta marquèrent la fin de la deuxième guerre mondiale et changèrent pour plusieurs décennies le visage d'Europe et du monde. Pour la CISC, cela se concrétisa par une diminution considérable de sa base de recrutement. Il ne lui fut plus possible en effet de rétablir des liens avec les syndicats chrétiens d'Europe de l'Est ou centrale. Elle se vit aussi placée devant le choix de poursuivre son chemin ou de s'affilier à la Fédération Syndicale Mondiale que les syndicats des pays vainqueurs venaient de créer à Londres en septembre 1945. Lors d'un Congrès extraordinaire, tenu en octobre 1945 à Bruxelles, les délégués rejetèrent la demande d'intégration à la FSM. Ils ne croyaient pas en cette unité qu'ils jugeaient trop artificielle et décidèrent de maintenir la CISC.

Quatre ans plus tard, les prévisions de la CISC se vérifiaient : la FSM se divisait et une troisième internationale, la Confédération Internationale des Organisations Syndicales Libres, vit le jour. A nouveau invitée à une fusion, la CISC, après de longues discussions, répondit qu'elle préférait rester indépendante. La CISC, outre qu'elle défendait le pluralisme syndical, refusait un syndicalisme subordonné à l'idéologie de la guerre froide. Son autonomie lui permettait de critiquer les effets pervers tant du communisme comme du capitalisme et de défendre l'idée d'un système de société dans lequel le travailleur peut se développer dans toutes ses dimensions.


Mondialisation

Pour la CISC d'après la guerre, une politique d'expansion hors Europe devenait une nécessité. Les premières nouvelles affiliations vinrent du Canada et du Vietnam. Peu après, des confédérations syndicales d'Afrique s'affilièrent également. En 1958, les premiers non-Européens entraient au Bureau exécutif. Mais très vite on se rendait compte qu'un mouvement syndical strictement 'chrétien' avait très peu de chances d'expansion, surtout en Afrique et en Asie.


Franchir des frontières

Sous l'impulsion du Belge August Vanistendael, le successeur de Serrarens comme Secrétaire général en 1952, la CISC se mobilisa pour dépasser les frontières d'un confessionalisme étroit et pour mettre sur pied une internationale des syndicats des travailleurs croyants. Dans ce contexte, un important séminaire eut lieu en 1959 à Saigon (Vietnam); séminaire contré sur la question de savoir si les grandes religions mondiales ont un principe de base éthique commun ou convergent capable d'orienter le comportement social de leurs adeptes.

Les réponses affirmatives initièrent des changements profonds au sein de la CISC et, en 1968, lors du 16ième congrès de Luxembourg, elle se transforma en CMT. Une nouvelle Déclaration de principes fut adoptée. On y stipulait clairement que la CMT était guidée, "soit par une conception spiritualiste qui se fonde sur la conviction que l'homme et l'univers sont créés par Dieu, soit par d'autres conceptions qui sont en convergence avec elle, dans un effort commun d'édification d'une communauté humaine solidaire dans la liberté, la dignité et la fraternité". 


Rénovation du syndicalisme mondial

Le changement de nom et de la nouvelle déclaration de principes ouvrit la porte à une expansion dans le Tiers Monde. La participation accrue de leurs représentants stimula, dans les instances politiques de la CMT, un débat animé sur les raisons du sous-développement du Sud ainsi que de la domination économique du Nord. Ce débat contribua à élaborer une conception anti-capitaliste, anti-totalitaire et anti-communiste du développement et de la société. La CMT adopta une stratégie en vue d'une libéralisation des travailleurs et des peuples, basée sur la solidarité. C'est pourquoi, elle invita, en 1977 déjà, les autres internationales démocrates à réagir contre la dispersion des structures syndicales mondiales et à initier un processus de rénovation qui respecte l'identité de chacun. Cette nécessité d'une action syndicale coordonnée à niveau mondial, cause à laquelle la CMT se voua dans les années 80, était à nouveau à l'ordre du jour du dernier congrès à Maurice, en 1993, à travers des actions concrètes communes, en vrai front syndical international, pour mieux combattre les conséquences désastreuses de la mondialisation de l'économie pour les travailleurs.


Le 25ème Congrès en Roumanie, Bucarest (2001)

C’est la première fois que le Congrès de la CMT se réunit dans un pays d’Europe centrale ou de l’Est. En effet, un des critères d’adhésion à la CMT est l’indépendance d’un syndicat envers les Etats ou les entreprises. Avant la chute des régimes totalitaires, les pays d’Europe centrale et de l’Est étaient caractérisés par une proximité institutionnelle entre le parti, l’Etat et le syndicat, et par l’absence de liberté syndicale.

Avant la période trouble du nazisme et du fascisme, suivis de la domination communiste, d’importantes organisations syndicales d’Europe centrale et de l’Est étaient membres de la CMT. Ensuite, le premier syndicat indépendant de cette région à s’être affilié fut Solidarnosc, en Pologne. En 2001, la CMT a des affiliés en Bulgarie, Hongrie, Kazakhstan, Lituanie, Macédoine, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Ukraine et Roumanie. Elle dispose dans ce dernier pays d’un bureau régional de liaison.

La Roumanie est un des pays d’Europe centrale et de l’Est où les organisations syndicales sont les mieux structurées, ce qui explique le choix de Bucarest pour la tenue du Congrès. La CMT y compte deux affiliés: CNS Cartel-Alfa et la Confédération des Syndicats Démocratiques de Roumanie (CSDR). Bogdan Hossu, président de Cartel-Alfa, est vice-président de la CMT pour l’Europe centrale et de l’Est. 


Aujourd'hui

Ces dernières années, la CMT a adopté une attitude critique envers le modèle néo-libéral de mondialisation économique, dont elle conteste la légitimité. La CMT est membre du Conseil international du Forum Social Mondial et prône un développement social qui dépasse le simple respect des droits des travailleurs et l’élimination de la pauvreté. Pour y parvenir, elle opte pour un rôle régulateur de l’Etat et une répartition équitable des biens comme des moyens de production. La CMT joue un important rôle de mise en relation et d’échange entre ses affiliés, ce qui renforce l’action de chacun dans une économie mondialisée. Elle intervient aussi auprès des institutions et des centres de décision qui déterminent la condition des travailleurs, en vue d’arriver à un développement digne et juste pour les personnes, les collectivités et les peuples.

La CMT représente les travailleurs auprès des Nations Unies, de ses commissions régionales et de ses agences spécialisées. Elle dispose du statut consultatif de première catégorie auprès de l’OIT, du Comité Economique et Social des Nations Unies (ECOSOC) - notamment dans la Commission des Droits Humains et la Commission des Entreprises Multinationales - et d’autres organisations internationales.

Le Département des Droits humains et Normes du travail intervient auprès d’interlocuteurs nationaux et internationaux lorsque les droits des travailleurs sont bafoués. Enfin, la CMT réalise un travail d’information sur les problématiques liées au travail dans le monde.

Tout sur la CMT
La CMT: Qui? Quoi?
Historique
Déclaration de principes
Statuts
Résolutions du Congrès
Programme d'action
Comment s'affilier?
 

 
 Back to top  |  CMT © WCL  |  Sitemap
Rue de Trèves 33 ı B-1040 Bruxelles - Belgique
Tél.: +32 (0)2 285.47.00 ı Fax: +32 (0)2 230.87.22 ı e-mail:info@cmt-wcl.org